una poesia di Debussy

 

Greto

Cadono i crepuscoli sul mare,
seta bianca ed esile.
Le onde, simili a piccole folli,
ciarlano, ragazze all’uscita di scuola,
tra il fusciare delle vesti,
seta verde iridata!
Le nuvole, solenni viandanti,
concordano la prossima burrasca,
e davvero è uno sfondo troppo solenne
da acquerello inglese.
Le onde, le piccole onde,
non sanno più dove mettersi,
perché ecco il maligno acquazzone,
frusciare di gonne svolazzanti,
seta verde impazzita!
Ma la luna, che tutti compatisce,
porta pace nel grigio conflitto
e lenta carezza le piccole amiche
che s’offrono come labbra d’amanti
al bacio tiepido e bianco.
Poi, più nulla…
Solo le tarde campane
di chiese fluttuanti!
Angelus delle onde,
seta bianca acquietata!

Claude Debussy – da «Proses Lyriques», 1892
(traduzione mia)

* * *

Grève

Sur la mer les crépuscules tombent,
soie bianche effilée.
Les vagues, comme de petites folles,
jasent, petites filles sortant de l’école,
parmi les froufrous de leur robe,
soie verte irisée!
Les nuages, graves voyageurs,
se concertent sur le prochain orage,
et c’est un fond vraiment trop grave
à anglaise aquarelle.
Les vagues, les petites vagues,
ne savent plus où se mettre,
car voici la méchante averse,
froufrous de jupes envolées,
soie verte affolée!
Mais la lune, compatissante à tous!
vient apaiser ce gris conflit
et caresse lentement ses petites amies
qui s’offrent comme lèvres aimantes
à ce tiède et blanc baiser.
Puis, plus rien…
Plus que les cloches attardées
des flottantes églises!
Angélus des vagues,
soie blanche apaisée!

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